Depuis plus de trois décennies, de
nombreuses études ont montré que la
région de Maradi connait une saturation foncière sans précèdent. Au niveau des
terroirs villageois, les disparités foncières sont exacerbées par une
croissance démographique et aujourd’hui on assiste à l’installation d’un marché
foncier qui fonctionne au détriment des plus pauvres et surtout la naissance
d’une classe de paysans sans terre. Cette dynamique va également se traduire
d’une part par la remontée du front agricole vers des espaces jusqu’alors
considérés comme à vocation pastorale et de l’autre par l’occupation agricole
des forêts classées malgré une législation théoriquement en vigueur. Ces
espaces sont actuellement exploités et gérés par les populations à l’intérieur
des systèmes agro-pastoraux fortement fragilisés par variabilité climatique. Il
se développe également de nombreux conflits fonciers dans un contexte
d’accaparement de terre et d’exclusion foncière ; situation qui nécessite
des règles de gestion appropriées.
L’objectif de ce travail, construit
autour de la recherche documentaire, des
investigations de terrain et l’analyse et traitement des données, vise à tracer
l’évolution de l’occupation des espaces et d’analyser les facteurs de risque de
conflit entre acteurs ruraux dans l’optique d’une paix durable entre
communautés.