lundi 31 août 2015

La gestion des conflits et ressources forestières au Niger

Introduction 

La période pré coloniale se caractérise par un mode de gestion primaire basé sur les croyances religieuses permettant la préservation des espaces forestiers. Tandis que la période coloniale, est une période de conservatisme et de prévoyance avec le classement des formations forestières autant pour des objectifs écologiques qu’économiques. Cette politique avait pour objectif de conserver intactes le maximum de potentialités naturelles en attendant qu’on sache les régénérer et les gérer économiquement. Au lendemain de l’indépendance, l’État du Niger a continué à appliquer la politique de conservatisme et de prévoyance en matière de gestion des forêts naturelles à travers la protection et la surveillance des périmètres classés. Devant le retour des sécheresses (1974 ; 1984) et l’accentuation des phénomènes de la désertification, on a pris de plus en plus conscience de la responsabilité de l’homme dans ce domaine, et partant, de la nécessité de l’associer obligatoirement à toute opération de lutte et de préparer la prise en charge par le monde rural de la gestion des ressources naturelles (gestion forestière intégrée et participative). Aucun mécanisme de gestion approprié des ressources naturelles notamment pour les ressources forestières n’a été pas mis en place. Ce n’est qu’à l’avènement de Projet d’Aménagement des Forêts Naturelles (PAFN), qu’il y a eu la création des marchés ruraux orientés de bois (ordonnance n° 92–37 du 21 août 1992 portant organisation de la commercialisation et du transport de bois dans les grandes agglomérations et la fiscalité qui leur est applicable) aux niveaux des forêts des départements de Dosso et Gaya. Malheureusement, ces marchés ruraux de bois ont fortement contribué à la disparition d’énormes espèces ligneuses d’autant plus qu’ils ne font pas l’objet d’une véritable évaluation. 
Le fonctionnement de système de surveillance des ressources  forestières                                               
 La surveillance environnementale est l’une des principales missions des agents de l’environnement. C’est ainsi que la nécessité d’impliquer la population s’impose en vue de faire une gestion participative. Le brigadier représente les agents de l’environnement notamment en ronde nocturne et journalière qu’il effectue pour déceler les axes de fraude. Il transmet les cas de fraude à l’agent de poste forestier tout comme aux autorités coutumières. Ces dernières constituent une instance de conciliation et le chef de poste forestier communément appelé Mai Gandu, garant de la surveillance informe le brigadier du dispositif de protection de l’environnement.  A l’intérieur, les exploitants représentent les délinquants qui exercent la coupe frauduleuse du bois.

Les mécanismes préventifs des conflits

Il s’agit de : la campagne de sensibilisation sur l’importance des espèces végétales ; la vulgarisation de la loi 2004-040 du 8 juin 2004 portant régime forestier au Niger ; l’implication des populations locales dans la gestion des ressources naturelles ; la surveillance des champs afin d’empêcher la divagation des animaux. 

 Les mécanismes de  gestion ou règlement de conflit.

D’une manière générale, les conflits liés à l’utilisation des ressources autour de ces forêts se résolvent à plusieurs niveaux : (i) Brigadiers, tentent de résoudre le conflit s’il  s’agit de coupe frauduleuse du bois.  En cas de non-conciliation ils transmettent les conflits au chef du village ; (ii) Chef des Villages/tribus ou quartiers, en cas de non conciliation  ils transmettent au service de l’environnement ; (iii) Services de l’environnement qui appliquent les textes régissant le régime forestier jusqu’à transmettre le procès-verbal à la justice afin d’emprisonner le coupable ; (iv) les juridictions plus précisément le tribunal d’instance.
Cette gestion est axée sur l’intensification de la sensibilisation sur les lois et règlements notamment le code rural. Cette sensibilisation doit amener les populations à adopter de nouveaux comportements ou à changer leurs attitudes en vue d’une meilleure gestion des ressources naturelles de leurs terroirs.
Les ressources forestières qu’il s’agisse des forêts classées, des massifs forestiers, des forêts protégées ont toujours fait l’objet de mesures de protection et de sécurisation. Toutes les politiques forestières au Niger ont montré leur limite car les formations forestières subissent une dégradation accélérée. L’ingérence du politique fait que les populations refusent les lois de la République. Actuellement, malgré l’utilisation des gaz domestiques et d’autres moyens de chauffage modernes, l’arbre au sens strict du terme, continue de garder toute son importance. L’usage (bois, les feuilles et fruits de certaines espèces forestières comme compléments alimentaires ou médicaments, l’exploitation des pâturages etc.), conduit à la destruction et à la dégradation des forêts classées de Fogha Béri et Koulou dans ce contexte de changement climatique et de pression démographique.
Comme on le voit, la vente de bois ainsi que les produits de cueillette et de pharmacopée est une source de revenus monétaires non négligeable pour les populations au niveau de ces forêts aussi un moyen d’ajustement structurel pendant les périodes de déficit alimentaire.
Malgré le statut de classement et la surveillance faite par les agents de l’environnement, ces forêts continuent d’être menacées et risque à long terme d’être affectées par une importante  anthropisation.

mercredi 26 août 2015

Halte à l'abattage des arbres





Les forêts classées sont des éléments indispensables à la conservation des sols et dans le mécanisme de stabilisation des systèmes écologiques au Niger. L’utilisation et la gestion de ressources forestières couvrent tous les aspects de la vie des communautés et engendrent des conflits de diverses natures. La manière d’appréhender l’environnement et les différents attributs qui le composent, se trouve aussi directement visée par cette problématique. Les cas de  mauvaise gestion liée à l’exploitation des forêts ont été notés, qu’il s’agisse de défrichement ou d’abattements d’arbres sans aucune politique de remplacement.