Introduction
La période pré coloniale se caractérise par un mode de gestion primaire basé sur les croyances religieuses permettant la préservation des espaces forestiers. Tandis que la période coloniale, est une période de conservatisme et de prévoyance avec le classement des formations forestières autant pour des objectifs écologiques qu’économiques. Cette politique avait pour objectif de conserver intactes le maximum de potentialités naturelles en attendant qu’on sache les régénérer et les gérer économiquement. Au lendemain de l’indépendance, l’État du Niger a continué à appliquer la politique de conservatisme et de prévoyance en matière de gestion des forêts naturelles à travers la protection et la surveillance des périmètres classés. Devant le retour des sécheresses (1974 ; 1984) et l’accentuation des phénomènes de la désertification, on a pris de plus en plus conscience de la responsabilité de l’homme dans ce domaine, et partant, de la nécessité de l’associer obligatoirement à toute opération de lutte et de préparer la prise en charge par le monde rural de la gestion des ressources naturelles (gestion forestière intégrée et participative). Aucun mécanisme de gestion approprié des ressources naturelles notamment pour les ressources forestières n’a été pas mis en place. Ce n’est qu’à l’avènement de Projet d’Aménagement des Forêts Naturelles (PAFN), qu’il y a eu la création des marchés ruraux orientés de bois (ordonnance n° 92–37 du 21 août 1992 portant organisation de la commercialisation et du transport de bois dans les grandes agglomérations et la fiscalité qui leur est applicable) aux niveaux des forêts des départements de Dosso et Gaya. Malheureusement, ces marchés ruraux de bois ont fortement contribué à la disparition d’énormes espèces ligneuses d’autant plus qu’ils ne font pas l’objet d’une véritable évaluation.
Le fonctionnement de système de surveillance des ressources forestières
La surveillance environnementale
est l’une des principales missions des agents de l’environnement. C’est ainsi
que la nécessité d’impliquer la population s’impose en vue de faire une gestion
participative. Le brigadier représente les agents de l’environnement notamment
en ronde nocturne et journalière qu’il effectue pour déceler les axes de
fraude. Il transmet les cas de fraude à l’agent de poste forestier tout comme
aux autorités coutumières. Ces dernières constituent une instance de
conciliation et le chef de poste forestier communément appelé Mai Gandu, garant
de la surveillance informe le brigadier du dispositif de protection de
l’environnement. A l’intérieur, les
exploitants représentent les délinquants qui exercent la coupe frauduleuse du
bois.
Les mécanismes préventifs des conflits
Il s’agit de : la campagne de sensibilisation sur
l’importance des espèces végétales ; la vulgarisation de la loi 2004-040 du 8 juin 2004 portant régime forestier au
Niger ; l’implication des populations locales dans la gestion des ressources
naturelles ; la surveillance des champs afin d’empêcher la divagation des
animaux.
Les mécanismes de gestion ou règlement de conflit.
D’une manière générale, les conflits liés à l’utilisation
des ressources autour de ces forêts se résolvent à plusieurs niveaux : (i)
Brigadiers, tentent de résoudre le conflit s’il
s’agit de coupe frauduleuse du bois.
En cas de non-conciliation ils transmettent les conflits au chef du
village ; (ii) Chef des Villages/tribus ou quartiers, en cas
de non conciliation ils transmettent au service de
l’environnement ; (iii) Services de l’environnement qui appliquent
les textes régissant le régime forestier jusqu’à transmettre le procès-verbal à
la justice afin d’emprisonner le coupable ; (iv) les
juridictions plus précisément le tribunal d’instance.
Cette gestion est axée sur l’intensification de la
sensibilisation sur les lois et règlements notamment le code rural. Cette
sensibilisation doit amener les populations à adopter de nouveaux comportements
ou à changer leurs attitudes en vue d’une meilleure gestion des ressources
naturelles de leurs terroirs.
Les
ressources forestières qu’il s’agisse des forêts classées, des massifs
forestiers, des forêts protégées ont toujours fait l’objet de mesures de
protection et de sécurisation. Toutes les politiques forestières au Niger ont
montré leur limite car les formations forestières subissent une dégradation accélérée.
L’ingérence du politique fait que les populations refusent les lois de la
République. Actuellement, malgré l’utilisation des gaz domestiques et d’autres
moyens de chauffage modernes, l’arbre au sens strict du terme, continue de
garder toute son importance. L’usage (bois, les feuilles et
fruits de certaines espèces forestières comme compléments alimentaires ou
médicaments, l’exploitation des pâturages etc.), conduit à la destruction et à la dégradation des forêts classées
de Fogha Béri et Koulou dans ce contexte de changement climatique et de
pression démographique.
Comme on le
voit, la vente de bois ainsi que les produits de cueillette et de pharmacopée
est une source de revenus monétaires non négligeable pour les populations au
niveau de ces forêts aussi un moyen d’ajustement structurel pendant les
périodes de déficit alimentaire.
Malgré
le statut de classement et la surveillance faite par les agents de
l’environnement, ces forêts continuent d’être menacées et risque à long terme
d’être affectées par une importante
anthropisation.
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